GÉNÉALOGIE DE LA FAMILLE AUBERT ET DES FAMILLES ALLIÉES

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Patronyme et origine

Famille peut-être d'origine bourguignonne pour les branches suisses, le nom Aubert est un des plus communs en France. Il se place dans les premières places de l'ordre des fréquences patronymiques, notamment en Normandie et dans les Bouches-du-Rhône. En Suisse romande, il se limite à quelques familles bien distinctes :

Le nom Aubert dérive du prénom Albert, Adalbert, Aldebert, on l'aura deviné. Lui-même vient du germanique adal («edel» en allemand moderne) : noble et de behrt («berühmt») : connu, célèbre. On trouve un Saint Aubert évêque d'Avranches et fondateur du Mont Saint Michel en 708. Le nom est donc bien d'origine germanique (franque). Pour la bonne bouche, signalons également Innocent VI, Étienne Aubert de son nom dans le siècle, 198e pape de 1352 à 1362 et enseveli à la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon.


Armes

Aubert / Galbreath Aubert / Emile Aubert
fig. 1 fig. 2


Les Aubert en Suisse

D'après le Répertoire des noms de famille suisses (3e éd. 1989)

Canton Localité d'établissement Date d'établissement Ancienne bourgeoisie
Berne Renan a  
Fribourg Bouloz b (Chavannes-les-Forts FR)
  Lieffrens a  
  Salvenach a  
  Vuarmarens 1960 *
Genève Bernex 1930 (Le Chenit)
  Carouge 1935 (Cortaillod NE)
  Chêne-Bourg 1953 (Salvenach BE)
  Genève (ville) a
1861, 1867
1899
1904
1946
1961
 
(Le Chenit)
(France)
(Pampigny VD)
(Vollèges VS)
(Le Chenit)
  Thônex 1951 (Le Chenit)
  Vernier 1947 (Le Chenit)
Neuchâtel Colombier 1889 (Renan BE)
  Cortaillod a  
  Le Locle 1903 (Le Chenit)
  Savagnier a  
Vaud L'Abbaye a  
  Boussens 1944 *
  Le Chenit a  
  Curtilles 1960 (Salvenach FR)
  Lausanne 1956
1956
1956
1956
1957
(Chavannes-les-Forts FR)
(Le Chenit)
(Cortaillod NE)
(Martigny-Ville VS)
(Le Lieu)
  Le Lieu a  
  Longirod a  
  Moiry a  
  Pampigny a  
  St-Barthélémy 1937 (France)
  St-George a  
  Thierrens 1960 *
  Yverdon 1956 (Chavannes-les-Forts FR)
Valais Chamoson a  
  Charrat a  
  Martigny-Bourg a  
  Martigny-Ville a  
  Vollèges a  


Personnages


Bibliographie

1. 1909 Lignée généalogique de Moïse Aubert, bourgeois de la commune du Lieu (vallée de Joux), suivi de quelques actes notariés : neuf générations connues, par les baptistaires et les registres civils : 1640-1909 / par E[mile Auguste] Aubert-Schuchardt. - Genève : [s.n.], [ca 1909] ; (Société générale d'imprimerie). - 110 p. : ill.
2.   Tableau général des Aubert, natifs ou originaires de la vallée de Joux / [Émile Aubert-Schuchardt]. - [Genève] : [chez l'auteur, Le Grand Lancy], ca 1909. - 1 vol. manuscrit non paginé [i.e. 712 p.]

Copie disponible au Cercle vaudois de généalogie (CVG)

3. 1910 Guillaume Aubert, originaire de la commune du Lieu et la lignée directe de l'un de ses descendants Moïse Aubert, bourgeois de la commune du Chenit (Vallée de Joux), suivi de quelques actes notariés : treize générations connues, par des documents de familles les baptistaires, les registres civils et ceux des notaires : 1530-1910 / par E. Aubert-Schuchardt ; collab. J. Aubert-Golay. - Genève : [s.n.], [1910] ; (Société générale d'imprimerie). - IV, 171 p. : ill.
4. 1912 [Famille Aubert]. - in : Recueil de généalogies vaudoises. - Lausanne : G. Bridel : Payot, 1912-1950. - Vol. 1, p. 9-32

Descendance simplifiée de l'ouvrage précédent

5. 1920 Généalogies des familles suivantes : Blonay, Aubert du Chenit, Begoz ou Bègue, Bermont d'Assens, Doge, Forel de Morges, Montmarel. - [S.l. : Fasc. pub. par la Société vaudoise de généalogie] : [s.d., ca 1920]. - 88 p. ; in-4° (broché, sans titre)
6. 1961 Origine des noms de familles régionales : Aubert / par Sylvain. - in : FAVJ. - 1961: 34 (23.08) ; 37 (13.09)
7. 1969 La Famille Aubert. - in : FAVJ. - 1969: 5 (29.01)

Article non signé sur l'histoire de la famille et basé sur la généalogie d'Émile Aubert-Schuchardt. Publié à l'occasion de l'élection de Pierre Aubert au Conseil d'état vaudois

8. 1986 Le siècle des deux Philippe / [Daniel Aubert, Cheseaux, printemps 1986]. - [Chez l'auteur : Cheseaux sur Lausanne] : [s.n.], 1986. - 9, XIII p. : ill.

Biographie de Jacques-David Philippe Aubert (1766-1847) et de son fils Georges-Philippe (1803-1883), respectivement trisaïeul et arrière grand-père de Daniel Aubert (géologue), du Solliat


Extraits et citations


Lieux-dits


Les premiers Aubert

La plus ancienne mention du patronyme Aubert à La Vallée se trouve dans un document du 13 décembre 1382 : il s'agit d'une reconnaissance de taillabilité prêtée par la communauté du Lieu en faveur de l'abbaye du Lac de Joux, sur les mains d'Aymonet Mercier aux Clées (Grosse des droits de l'abbaye du Lac-de-Joux p.117). - Cité par Gingins dans ses «Annales de l'abbaye du lac de Joux» (dorénavant AALJ), p. 230, document XXXVI. Ce document cite en compagnie de 30 autres personnes Jean et Pierre Aubert sans autre mention. Parmi les autres patronymes cités, seuls ceux de Meylan et de Lugrin (Goy dictus Lugrin) concernent des familles actuellement présentes à la Vallée.

Un second document daté par Gingins-la-Sarra de 1486, mais qui doit dater en réalité de 1382 (1393 au plus tard), mentionne Bury Vuyllion Aubert et Pierre, son fils, puis Stéphane (Étienne) Aubert : il s'agit du rôle des habitants du Lieu (Grosse, op. cit. p. 219 ; Gingins. - AALJ, p. 321-323 [s. n° : i.e. LX bis]).

Cette première mention des Aubert à La Vallée plus d'un siècle et demi avant la Réforme fait ainsi taire une légende familiale (d'ailleurs assez courante dans le canton de Vaud) faisant remonter la famille Aubert au Refuge huguenot. Pour mémoire, le massacre de la Saint-Barthélémy date de 1572 et la révocation de l'Édit de Nantes de 1685. Par la suite, au cours de la fin du XVIe il y aura bien des Aubert venus de France et établis à Genève et Lausanne. J'ai consulté par curiosité les rôles des réfugiés pour ces deux villes : aucun Aubert lié de près ou de loin aux Aubert de La Vallée n'y figure ! Pour ma part je suis assez fier de descendre de ces premiers abergataires, et j'admire ces véritables pionniers surmontant les rigueurs du climat, l'âpreté du sol, les bêtes sauvages à seule fin d'y établir une communauté aujourd'hui florissante.

Plusieurs autres documents de :

vont ainsi citer des Aubert mais il est rigoureusement impossible d'établir des liens entre eux : certes, il doit vraisemblablement s'agir d'une même famille, puisque la population de La Vallée elle, est passée de 30 feux (en gros 300 personnes) aux environs de l'acte de 1382 à 15 ou 13 feux vers 1483, conséquences des guerres de Bourgogne et des épidémies de peste qui les suivirent (Meylan, René. - La vallée de Joux : les conditions de vie dans un haut bassin fermé du Jura. - 1929. - P. 55), Charrière (Charrière, Frédéric de. - Recherches sur le couvent de Romainmôtier et ses possessions. - Lausanne : M. Ducloux, 1841. - P. 71, document 62) puis 25 feux en 1525 soit environ 250 personnes en tout et pour tout, au début du XVIe siècle.
Il faut attendre l'arrivée de LL.EE. en 1536 et l'établissement des premiers notaires à La Vallée pour avoir un matériau utilisable dans une généalogie : les actes notariés :

Une grande partie des actes et des minutes des notaires ont été microfilmés par les Mormons (de leur véritable nom : Église de Jésus Christ des Saints de derniers jours) : un double est déposé aux Archives cantonales vaudoises (ACV) : il y a là une matière phénoménale qui n'a pas encore été dépouillée : avis aux amateurs ! Vous pouvez en consulter la liste sur la page de la généalogie combière.
Pour consoler les partisans du Refuge huguenot, je relate ici l'épisode de l'arrestation d'Étienne Aubert, syndic du Lieu (Grosse, op. cit. p. 39 ; AALJ, op. cit. p. 86 et document LIII [en latin] p. 300), qui prouve que, si nous ne descendons pas des parpaillots français, le germe de l'hérésie coulait tout de même déjà dans le sang de nos ancêtres.

Dans l'intervalle, l'abbé Jean Pollens avait eu à s'occuper d'un procès d'hérésie intenté à Étienne Aubert, du Lieu, et à un certain Nicolas Richard, son complice. On ne connaît pas bien les circonstances de ce procès, mais il donna lieu à un conflit de juridiction entre l'abbé et le châtelain des Clées. Sur un ordre émané de Jean Blanchet, religieux des frères de la Madelaine, vice-inquisiteur pour la foi, et daté de Lausanne, du 24 mai 1480, le vice-châtelain des Clées, Jean Pellis, avait fait saisir près de l'abbaye, en un lieu nommé Groenroux, et jeter dans les prisons du château des Clées, le susnommé Étienne Aubert, accusé du crime d'hérésie ; mais comme cette capture avait eu lieu du côté de l'abbaye, l'abbé réclama contre cette infraction à la juridiction qui lui appartenait, sur la rive occidentale du lac.
La question ayant été portée devant la cour du baillif de Vaud, séante à Moudon, celle-ci ordonna l'extradition du prévenu qui fut délivré le 9 juin de la même année à Jean de Lanfrey, mestral ou justicier de l'abbé, et transféré dans les prisons de l'abbaye, où ce malheureux mourut pendant l'instruction de son procès, continué par frère Vuinet Barbier (Barbey), inquisiteur pour la foi dans le diocèse de Lausanne. On trouve des lettres d'absolution et de rémission données en faveur d'Aubert, qui prouvent que, si son innocence ne fut pas reconnue avant sa mort, au moins le crime dont il était accusé ne put pas être prouvé.

Un document, plus exactement une série de tableaux d'ancêtres, établies par Alfred Golay et Robert Meylan, du Rocher (Tableaux des ascendances et descendances [famille Aubert] / Alfred Golay ; avec la collab. de Robert Meylan, Le Rocher. - Le Locle : [s.n.], 1978 - copies obligeamment fournies par Georges Aubert à Lausanne et Christian Piguet au Locle) font d'Étienne Aubert le père de Vaulchy Aubert, signalé dans plusieurs actes du début du XVIe siècle (voir supra). Je ne sais pas d'où M. Alfred Golay tire ses références, mais à mon avis le fait est peu possible. Si l'on admet qu'Étienne est mort en 1480 à l'abbaye du lac de Joux, et qu'il était syndic du Lieu, on doit admettre qu'il avait à ce moment au minimum 30 ans en gros et donc qu'il a dû naître vers 1440-1450. Vaulchy est signalé à plusieurs reprises comme père de Guillaume Aubert qui était installé Chez-le-Maître en 1600 : Émile Aubert-Schuchardt fait naître Guillaume vers 1540, ce qui est probable. En revanche, si Vaulchy est bien son père, il aurait dû naître avant 1480, date de la mort d'Étienne ce qui est impossible. Il doit y avoir au moins une génération supplémentaire entre Étienne et Vaulchy, si toutefois il s'agit d'une lignée directe, ce qui reste à prouver.

Par ailleurs, Paul-Auguste Golay, dans ses «notes sur les Piguet-Dessous» parle de Vaulchy Aubert en citant simplement les archives du Chenit (texte non documenté) : Vaulchy père de Guillaume et qui fût fils de Pierre ce qui nous fait soit un autre candidat à la paternité de Guillaume, soit un autre nom de Vaulchy, soit une génération intermédiaire.
La généalogie d'Émile Aubert-Schuchardt part de Guillaume, citoyen du Lieu établi Chez-le Maître (acte d'abergation du 16 avril 1600, p. 125) l'acte est établi par Nicolas Monney au nom de Guillaume et de Jehan Aubert, sans mentionner leur parenté, mais on peut raisonnablement en faire deux frères, sinon deux cousins. En revanche il y a à cette même époque au moins deux autres familles Aubert du Lieu et établies sur le futur territoire du Chenit :

Sans compter les Aubert restés sur le territoire du Lieu. Il va de soi qu'en l'absence de documents nous ne pouvons pas relier ces personnes entre elles bien qu'elles soient certainement toutes de la même origine.

à suivre...


 

© 1996 Jean-Luc Aubert, novembre 2012